Le monde ferroviaire

Désactivé



Les trains - 𝕴𝖓ʇ𝖗𝖔𝖉𝖚𝖈ʇ𝖎𝖔𝖓
Tout le monde à bord du train
Mention légale // Les personnages représentés sont fictifs. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, est volontairement satirique et relève de la liberté d’expression artistique, telle que protégée par la Charte canadienne des droits et libertés (article 2b)

Charte des droits et libertés de la personne (Québec) - Article 3 – Liberté d’expression.
Protège l’opinion, la création artistique et l’expression satirique.

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( NOTICE DE L’ŒUVRE )
Parti du Québec vers l’inconnu, ce singulier Siemens Charger VIA Rail 2200 à vapeur franchit un viaduc hivernal hors du temps. Dans ce paysage mythique suspendu dans les illusions des montagnes européennes au Canada, le train passager poursuit sa course majestueuse jusqu’à son terminus en Colombie-Britannique.
* Nota // Mon visage est altéré par choix — les scènes sont des constructions numériques, pas un reflet.



Le Siemens à vapeur

Assis sur mon siège. Direction l’Ontario.
Le corridor Québec-Windsor s’étire devant moi,
une artère de métal de plus de 1 150 kilomètres où le temps se mesure en gares et en traverses.

Mon ticket est prêt.
Mon MacBook Pro M5 repose sur mes cuisses.

C’est le moteur de mon esprit. Sa conception en dalle aux bords plats, immuable et glaciale, jure avec la chaleur que mon propre corps dégage. C’est une machine conçue pour propulser l’intelligence artificielle, l’outil tout indiqué pour suivre la cadence frénétique d’une imagination qui refuse la gomme à effacer.


Le paysage défile à 160 km/h, une distorsion linéaire de champs ruraux et de lacs qui hypnotise la rétine d’un cerveau multicolore curieux.




Les yeux... me... ferment.




Le temps n’est plus calculé, sa valeur mathématique se dissout dans le grondement du VIA Rail.


le Poudlard Express

Je somnole tel qu’un ourson en hibernation. Mon Dôme surchauffe sous la combinaison de l’humidité estivale laissée sur ma peau et du mouvement perpétuel du wagon.

L’œil gauche ouvre en premier.

C’est toujours lui qui gâche le party du sommeil. Il n’arrête pas, à chaque levée de Messieurs Soleil, d’ouvrir en entraînant l’autre.

Mon Dôme s’allume, sortant d’un rêve torride... Euh non, pas le bon texte.

L’étrange prend le dessus. Le dérapage visuel commence, flou, onirique, fuyant.
Je remarque dans le train des gens en toge, certains avec une baguette. Leurs visages anonymes ont été transmutés par mon subconscient en mages errants.
En regardant par le hublot... une choco-grenouille passe devant mes yeux gommés.
Elle s’écrase mollement sur la vitre.

La choco-grenouille

J’entends de loin...
« C’est Harry Potter ! »

Le Siemens à vapeur


Sursaut.
J’entends.



Attention nous allons vérifier votre billet,
veuillez le sortir. Merci de votre compréhension.

La cassure est abrupte, métallique, stoïque.
Je cligne des yeux.


Le paysage défile à 160 km/h, une distorsion linéaire de champs ruraux et de lacs qui hypnotise la rétine d’un cerveau multicolore curieux.


La choco-grenouille magique n’est en fait qu’un gros insecte écrabouillé par la force cinétique du train. Mon hallucination hypnopompique se dissipe dans l’air climatisé.


Devant moi, les toges disparaissent pour laisser place aux chandails froissés des voyageurs. Ce que je prenais pour une baguette magique en bois de houx n’est autre que le numériseur optique du contrôleur de VIA Rail.


L’illusion est violemment pulvérisée par la rationalité glaciale de son annonce.
Le retour à la réalité est sans appel, dicté par les politiques strictes de la compagnie exigeant un billet numérisable et une pièce d’identité valide.


Je fouille dans mon sac avec des doigts engourdis, frôlant l’aluminium de mon Mac.


Billet scanné. Identité prouvée. Le contrôleur passe son chemin.
Je rouvre mon MacBook Pro M5, cherchant refuge dans le confort offert par mon siège.


Le bercement du wagon reprend ses droits.
Mes paupières, alourdies par la fatigue visuelle de l’écran, capitulent une seconde fois.


L’Orient-Express

Le décor change subtilement.



Les sièges en plastique gris et stérile du VIA Rail mutent en un velours rouge capitonné.
L’éclairage au néon devient ambré, feutré, rougeoyant.

Le rêve pointe dans un autre train, un wagon historique où la débauche s’invite sans risque.
C’est la glissade Burlesque.




La même fille apparaît. Blonde, corsetée, drapée de mystère.

L’Orient-Express

L’atmosphère est saturée, chargée d’une tension charnelle et suggestive. Historiquement, ce mouvement théâtral des années 1920 repose sur l’art du teasing et de la suggestion, non sur l’explicite.


C’est tellement irréel que je crois qu’elle me fait une...


La chaleur du processeur M5 sur mes cuisses se confond avec le frôlement d’un bas résille. Les vibrations constantes des roues sur les rails dictent un rythme équivoque, lancinant.
Le risque poétique atteint son sommet absolu.
Aucune anatomie explicite n’est décrite, tout n’est que ressenti, ombre et suggestion.
L’illusion explose lorsqu’elle se retrouve à genoux devant moi.
Une pose dramatique. Le fameux reveal du numéro burlesque. L’anticipation d’un acte inavouable me fait perdre tous mes repères spatiaux.

Puis, la déchirure spatio-temporelle.

Le décor se fracture dans un fracas assourdissant. Le sifflement électrique de VIA Rail est remplacé par le souffle bestial d’une locomotive à vapeur.
Les boiseries en acajou et les marqueteries de verre René Lalique envahissent l’espace. L’odeur rance du café filtre fait place aux volutes épaisses du tabac turc.
Nous sommes dans l’Orient-Express, à l’époque mystérieuse des films des années 1930.

L’intimité charnelle de la scène est brutalement interrompue.
Un regard perçant, analytique et froid se pose sur nous.
Le célèbre détective belge, Hercule Poirot, observe la scène.
Il ne regarde pas la danseuse avec désir, mais avec l’œil clinique d’un homme cherchant des indices sur une scène de crime. C’est la figure de l’autorité, la rationalité victorienne venue inspecter ma débauche onirique.

Mon Dôme est en court-circuit. Je suis coincé entre un fantasme inachevé et la moustache impeccable de la logique.
Un flash aveuglant transperce mes rétines.



Un réveil brusque.

Le Siemens à vapeur

macOS Tahoe s’efface. Un pop-up intrusif exige mon attention.

« Voulez-vous installer macOS Golden Gate ? »

Le train fonce à toute vitesse.
Le cliquetis vintage du train européen est remplacé par le son lourd et mécanique du VIA Rail. Le brouillard de l’Orient-Express s’évapore dans la lumière bleue d’un écran Retina.
La machine m’offre un ultimatum pragmatique et ironique. Ce nouveau système, conçu pour l’architecture Apple silicon, exige l’abandon du passé pour imposer l’avenir.

Mon doigt s’écrase sur le pavé tactile.
Je viens pour accepter.

Je cède à la froideur binaire, m’attendant à la stérilité d’une barre de chargement.
Mais l’insurrection logicielle a lieu.
L’écran ne s’éteint pas. La technologie devient la complice inattendue de mon dérapage visuel.

Au lieu de l’installation, c’est l’interface gris anthracite d’Adobe Lightroom Classic qui s’ouvre avec violence, réveillant brutalement la puissance de calcul du processeur.

Je suis rendu dans la première classe, table et j’ai rajeuni...
Des photos de Boudoir se chargent à l’écran.

Photos boudoir VIA vapeur

La chair, la dentelle, les ombres intimes capturées dans un studio feutré.
La révélation me frappe, charnelle et vertigineuse. La blonde burlesque de mon rêve de l’Orient-Express est là. Figée en haute résolution dans mon propre catalogue photographique.

L’illusion et la réalité viennent de fusionner. L’IA de mon ordinateur a-t-elle piraté mes souvenirs pour me ramener à mes propres œuvres ?

Cependant, l’ambiance prend le dessus sur la réalité.

L’hyper-synesthésie s’enclenche. Les contrastes de l’écran explosent et l’image fixe se liquéfie en une pellicule granuleuse.
La danseuse blonde de mes photos de Boudoir mute.

Madonna est sur une scène.
Période Erotica.

L’esthétique porno-chic de l’automne 1992 s’empare de mon Dôme. Elle danse, presque nue, assumant une symbolique sexuelle qui flirte avec les limites de la bienséance à bord d’un transport public.

Mon Mac devient un projecteur.

Le vidéoclip hallucinatoire se situe dans un train à vapeur lourd et industriel.
La ventilation surchauffée de mon ordinateur se matérialise dans mon rêve sous forme de jets de vapeur brûlants entourant l’icône de la pop.
La basse jazzy de la chanson se synchronise parfaitement avec le battement des roues sur les rails. Je perds le contrôle. Je ne sais plus si je suis passager, photographe, ou réalisateur d’un rêve censuré.

La musique vaporeuse est soudainement mutilée.

Un grésillement mécanique résonne.
Le délire se termine par l’annonce du train.


« Prochain arrêt... »

La voix monocorde de l’interphone ne mentionne pas la banlieue de l’Ontario.


« Arrivée en Colombie-Britannique »
MacBook Pro M5 à vapeur

La téléportation est surréaliste. Mon esprit a dilaté le temps, compressant les quatre jours de voyage du train transcontinental Le Canadien en l’espace d’une sieste hallucinatoire.

J’ouvre les yeux. Le silence retombe.
La vapeur de la scène de Madonna se dissipe totalement... de mon Mac.

En regardant par le hublot, la vue de la montagne est là.
Roche froide, géants de pierre et neiges éternelles.

Je referme mon MacBook Pro M5.
Je ne pose aucune question. Je n’essaie pas de corriger l’hallucination, je ne me dis pas que je suis simplement à Toronto.
Le dérapage visuel vient de se fondre dans la géographie canadienne.

J’accepte cette nouvelle réalité.

Car au fond, la vie, c’est l’art de dessiner sans gomme à effacer. Et aujourd’hui, sans jamais utiliser d’efface, mon esprit vient de redessiner la carte entière du Canada.


À suivre...

- Canadian Pacific
- Canadian National
- Wisconsin Central
- Algoma Central
- VIA Rail
- Turbo Train




Références.
‣ Image : Siemens Charger VIA Rail 2200 à vapeur
‣ Assembleur : Steve Gosselin.
‣ Conception : 7 septembre 2026 via un MacBook Pro M5 situé dans une locomotive...
‣ Texte : Steve Gosselin
‣ Outils visuels : Adobe Photoshop v 27.10.0, Wacom Intuos Pro & Nano Banana Pro v 2.
‣ Recherchiste : Léonard de Vinci des temps modernes.
‣ Outils supplémentaires : Gemini v 1.111.1.839 (1.111.1.839), iWriter v 8.0.6 (80046) & Nova v 14.1 (810813).
Les trains
10 septembre 2026
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